>>2879127Je viens d'écouter les trois heures entières parce que je suis masochiste.
Il fallait préciser que c'était un débat dans le cadre de l'université d'été du MEDEF. Oui, le premier débat de la campagne présidentielle était une session de questions-réponses face aux patrons du MEDEF.
Je voulais à la base essayer de résumer un peu tout ce qui se qui s'est dit sur chaque sujet, mais c'est vite parti en cacahuète, donc je vais me concentrer sur la rhétorique.
Le vieux Méluche a été très bon sur la dette qui était le premier sujet, le seul à réellement parler de politique monétaire, crédit, taux d'intérêts, la possibilité de renégocier avec les pays latins et peut-être même l'Allemagne la façon dont la BCE gère la dette, de mentionner que le montant des aides aux entreprises (150 à 250 milliards) est supérieur au montant de la dette française (120 milliards), et que ce sera fini les cadeaux sans contre-partie.
Très bon aussi sur la fiscalité à la fin, de rappeler que la fiscalité sur les dividendes était différente de la fiscalité sur le capital productif, et que le taux d'imposition des sociétés était de 50% pas 25% comme aujourd'hui.
Un truc intéressant, c'est qu'il a lâché franco "La Chine a gagné la course technologique, maintenant il faut collaborer et négocier avec elle".
Après bon pour utiliser un terme que les patrons adorent, le MEDEF n'est son
cœur de cible, donc il en a profité pour dire ce que nous, on aime bien entendre, vous avez sûrement du voir le short de Glupatate. En tout cas, il donne clairement l'impression au public de savoir de quoi il parle et d'avoir un projet global au fil de ses interventions contrairement à beaucoup d'autres.
Ça me fait chier de le dire, mais Marine Le Pen est convaincante pour une bonne partie de la population. Les patrons ne font que se plaindre des normes, des charges, comme d'hab, et là où Mélenchon sort simplement un "La France fait parti du 15% des pays où il est le plus facile de faire des affaires selon la Banque Mondiale", Le Pen sort les noms de tous les dispositifs que la Macronie a pondu qui font chier les petits bourgeois, et propose des solutions relativement réalistes. Mais elle fait pas non plus complètement la lèche-boule, elle parle de retraités, de chômeurs, et a été assez ferme en face d'eux deux ou trois fois, (même si elle prévoit secrètement une austérité sévère pour nos culs). Elle est très forte à ce jeu là, rien à voir avec ce nigaud de Bardella.
Édouard Philippe, c'est l'ancien Macroniste qui a le plus de chance selon moi. Malgré son charisme d’huître, il arrive bien à endormir les gens. Il connaît bien les dossiers vu qu'il a passé 3 ans à nous la mettre bien profond, pour parler poliment. "Nous avons besoin d'une politique de l'offre et de plus de compétitivité", la rengaine habituelle quoi.
Attal à côté, il a beau faire jeune fringant qui sort de l'ENA, quand tu l'écoutes, c'est Milei, fier d'avoir baisser les dépenses sociales, et il veut les baisser encore plus, il parle de remplacer les fonctionnaires avec de l'IA, de moins donner aux collectivités territoriales, etc. Il y a que les jeunes entrepreneurs fils-à-papa qui aiment ça. Ah, et quand il a voulu attaquer Le Pen dès le début et qu'il a fait face à sa répartie, il tremblait lol.
Glucksmann se paluche sans arrêt sur l'E U R O P E et l'Allemagne tout en parlant de souveraineté et fait semblant d'être de gauche de temps en temps, mais c'est extrêmement creux. Je vois le genre de personne qui pourrait voter pour lui, j'en connais une, mais ça suffira pas. Léa Salamé doit être contente d'avoir abandonné son poste au JT pour ça.
Marine Tondelier, bah c'est une écolo quoi. 50% du temps à parler d'écologie quand c'est pas le sujet, classique. Mais sur certains sujets, elle s'est bien démerdée, notamment sur la réindustrialisation et la simplification des fiches de payes et de l'administration française. Ça permettait de compléter ce que disait Mélenchon, et elle a plutôt une bonne répartie, même si je me méfie d'elle.
Et enfin, Bruno Retailleau. Je pensais que Glucksmann serait celui qui m'insupporterait le plus, mais au moins il a une fonction sur l’échiquier politique, celui du social-démocrate mou. Bruno, je sais pas ce qu'il fait là. Vraiment, j'en ai aucune idée. Il essaie d'être sec comme Le Pen, mais son programme, c'est du Sarko réchauffé au micro-ondes, à deux doigts de ressortir "travailler plus pour gagner plus". Mention spéciale quand le sujet des héritages à été mis sur la table, il s'est exclamé "TAXER LES MORTS, NON, ÇA SUFFIT !". Même Le Pen l'a taclée en disant "Certains ne resterons pas longtemps candidats". La moitié de son électorat est mort pendant la canicule, il sert absolument à rien, vivement qu'il retourne aux oubliettes.
Bref, dans l'état actuel des choses, un second tour Mélenchon-Le Pen ne me semble absolument pas déconnant, même s'il ne faut pas sous estimer Édouard Philippe, qu'on le veuille ou non. Mais bon, il reste encore 8 mois avant la présidentielle, et il peut s'en passer des choses d'ici là.